Le Togo abolira la peine de mort / Nouvelle contribution de la communauté de Sant’ Egidio

ROME, Mercredi 27 mai 2009 (ZENIT.org) - Le Togo abolira la peine de mort dans les prochains jours. Le ministre de la Justice dans le pays, Kokou Biossey Koné, l'a annoncé lundi à Rome durant les travaux du IV Congrès international des Ministres de la justice réunis sur le thème « Du moratoire à l'abolition de la peine capitale », rapporte la Communauté de Sant' Egidio, organisatrice de l'événement dans un communiqué.

Pour le ministre africain, la décision de mettre fin à la peine capitale dans le pays a été prise « grâce aux liens d'amitié qui unissent le Togo et la communauté de Sant' Egidio ».

« Sur ce chemin nous avons été accompagnés par les amis de la communauté, avec fidélité et patience », souligne-t-il.

Ces dernières années, la Communauté de Sant' Egidio a travaillé en lien étroit avec le gouvernement du Togo et avec l'opinion publique du pays et « favorisé le dialogue politique qui a conduit à l'actuelle transition d'unité nationale », a déclaré le ministre.

Le Togo s'était abstenu lors des deux précédents votes à l'ONU de la résolution pour un Moratoire universel, en 2007 et en 2008.

Le 4ème congrès des ministres de la justice réunissait des représentants de 23 pays, tant des pays abolitionnistes que des pays qui maintiennent encore la peine de mort, d'Afrique, d'Asie et d'Amérique. Parmi les participants : 13 ministres de la justice, parlementaires, juges de Cours suprêmes, procureurs, et représentants de la société civile.

Tous ont été reçus mardi matin par le président de la Chambre des députés italien Gianfranco Fini.

En ouverture du congrès, évoquant le moment historique de l'approbation de la résolution sur la moratoire des exécutions par l'Assemblée générale des Nations unies le 18 décembre 2007, Mario Marazziti, porte-parole de la Communauté de Sant' Egidio, a souligné l'implication de la Communauté visant à faire grandir le lien entre des pays qui ont aboli la peine de mort et des pays qui l'appliquent encore, mais qui cherchent des voies alternatives.

Le cardinal Renato Raffaele Martino, président du Conseil pontifical Justice et Paix, a introduit la séance réaffirmant qu' « on ne peut pas punir un crime par un autre crime, par la peine de mort ».

« Du moratoire, il faut arriver à l'abolition » de la peine de mort, a-t-il souligné, félicitant la Communauté de Sant' Egidio pour sa campagne menée en faveur de la vie.

« La vie est un don de Dieu et il faut la respecter jusqu'à la mort naturelle ; l'euthanasie, l'avortement, la peine capitale ne sont pas une mort naturelle, a-t-il poursuivi. Je remercie tous ceux qui lutteront pour la défense de la vie ».

Pour Marco Impagliazzo, président de la Communauté de Sant' Egidio, « ce congrès montre que l'abolition de la peine de mort représente un nouveau standard moral qu'il sera de plus en plus difficile d'ignorer au niveau international ».

« Ces congrès ont encouragé de nombreux pays à entreprendre les transitions nécessaires pour passer de l'état de mainteneurs à celui d'abolitionnistes de facto, voire de iure, comme le Rwanda et le Gabon en 2007, le Burundi cette année et prochainement le Togo ».

Patricia Navas